La pêche locale à Camaret-sur-Mer

Ah Camaret … le port, le sillon, les Tas de Pois, la pointe de Pen-Hir, le Veryac’h, le cimetière de bateau, la chapelle … un port de pêche qui a connu la gloire au siècle dernier. En effet, les magnifiques carcasses de bateaux que vous pouvez observer sur le port sont en fait d’anciens langoustiers.

Malheureusement le caractère romantique de ces carcasses s’arrête là : après avoir littéralement surexploité les stocks de Langouste dans les eaux bretonnes, les armateurs de ces bateaux ont décidé de reproduire le même schéma sur les côtes d’Afrique de l’Ouest, avant que leurs entreprises fassent faillite pour cause de déclin des stocks de langouste.

La pêche artisanale dans le port de Camaret est bien différente aujourd’hui. Quelques bateaux travaillent au filet en particulier pour les rougets et les poissons plats, et au casier pour les tourteaux, araignées et homards qui ne manquent pas autour des tas de poids à la pointe de Pen’Hir.

Si vous vous rendez sur le quai Tephany, au niveau de l’ancienne Criée, vous pourrez rencontrer Xavier Menesguen, qui sera ravi de vous vendre ses homards pêchés au casier à bord du Morskoul. Nous étions sur le port de Camaret en janvier 2021, ce qui nous a permis d’échanger sur les divers systèmes innovants mis en place par les pêcheurs pour valoriser la pêche locale : Entre la vente directe sur les quais, la vente directe sur le marché de Crozon, l’expédition vers des systèmes de circuit court, la vente en gré à gré à la poissonnerie de Camaret … et même la vente de poissons vivants … les idées ne manquent pas !

Xavier vend aussi sa pêche sur le marché de Crozon (place de l’Eglise à Crozon). Il pêche les crustacés (principalement des homards et parfois des langoustes) au casier, en face de Camaret et autour des mythiques Tas de Pois.

Mes endroits préférés ce sont les Tas de Pois, le Veryac’h, le chateau de Dinan. J’ai beau y passer régulièrement, aussi bien à terre comme en mer, je ne m’en lasse pas. C’est un coin qui est magnifique.”

Xavier travaille aussi au filet des espèces comme la daurade, le lieu, le maquereau et le rouget et le homard. En tant que pêcheur partenaire du Parc naturel marin d’Iroise, il est très attaché à la préservation de ce magnifique écosystème qu’est la mer d’Iroise ! Les pêcheurs partenaires du Parc Marin s’engagent par exemple à ramasser leurs déchets en mer, à participer à des campagnes scientifiques ou encore à suivre des formations sur l’environnement.

D’autres pêcheurs vendent leur pêche en direct à Camaret : Erwan, Gael et Pierrick vous feront découvrir la pêche locale !

Sur la photo ci-dessous, Xavier regarde en souriant une langouste rouge dans sa main droite. En effet, la langouste rouge avait disparu des eaux de la mer d’Iroise, suite à un phénomène de surpêche du à l’impact des langoustiers, en particulier Camarétois. Ces bateaux sont désormais à sec dans le cimetière de bateaux de Camaret, et c’est grâce à des modes de gestion mis en place collectivement entre les pêcheurs et les scientifiques que la population de langouste est en train de se rétablir, depuis maintenant quelques années. En particulier, le cantonnement (réserve interdite à la pêche) mis en place par les pêcheurs dans le Raz de Sein permet à la langouste d’être préservée des impacts de la pêche, et au stock de se reconstituer progressivement.

Et devinez quoi ? Les langoustes reviennent en mer d’Iroise. Grâce à un cantonnement (réserve de pêche à l’initiative des pêcheurs), le stock se régénère doucement … et ça donne le sourire !

Comme Xavier valorise très bien sa pêche, et en particulier en vente directe sur le marché de Crozon , il peut utiliser des techniques très douces comme les casiers, qui permettent de ramener chaque crustacé vivant à bord. Si Xavier pêche une langouste trop petite, ou une langouste grainée (c’est-à-dire avec des œufs), il peut ainsi la  remettre à l’eau vivante.

Cet exemple et cette photo illustrent bien le rôle des circuits court dans le développement et le soutien à la pêche durable. En effet, même si les deux secteurs sont différentes, on peut faire le parallèle entre un paysan qui vend des légumes biologiques de qualité en circuit court, et un pêcheur qui pratique des techniques de pêche douces pour valoriser un poisson de qualité et durable en vente directe : dans les deux cas, l’engagement conjoint des citoyens et des pêcheurs permet de soutenir des systèmes alimentaires durables. C’est la dynamique des « Partenariats Locaux Solidaires » ou « Community Supported Fisheries » (CSF) dans le cadre de la pêche.

Ainsi, grâce aux CSF, un pêcheur comme Xavier peut vendre sa pêche à un prix juste, et ainsi préserver l’écosystème. Et ça donne le sourire, à Xavier et aux mangeurs de poisson locaux !

Les niveaux de débarquements n’ont pour l’instant rien avoir avec la belle époque du port de Camaret, mais le cas de la langouste prouve une chose : les pêcheurs peuvent s’organiser pour préserver les écosystèmes et les espèces marines, avec l’aide et le soutien des scientifiques ! N’hésitez pas à visionner ce reportage pour en savoir plus sur la gestion durable de la langouste :

Alors n’hésitez pas, allez rencontrer les pêcheurs locaux sur le port de Camaret et sur les marchés de Crozon et Morgat, et achetez le produit de leur pêche en direct pour encourager des méthodes durables !

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