La pêche locale à Audierne : Thomas Le Gall

Thomas es issu d’une famille de marins-pêcheurs à Audierne. Après avoir été juriste, il décide de se reconvertir en devenant marin-pêcheur. Il suit donc une formation au lycée maritime, et embarque ensuite sur des gros fileyeurs pour “se faire la main”. En effet, le travail sur des grosses unités de pêche est souvent une étape obligatoire pour s’installer à la petite pêche, ce qui n’a pas découragé Thomas malgré la difficulté du métier.

En 2019, Thomas achète le VERTIGO, un bateau de 8,20 avec lequel il pêche le bar à la ligne.

Il travaille majoritairement dans la baie d’Audierne et autour de l’Île de Sein. Bien que la ressource traditionnelle du coin soit le bar, le stock de bar est en moins bon état ces dernières années, ce qui force les ligneurs à se diversifier. Thomas pêche par exemple des lieus jaunes, des dorades grises, des grondins, des tacauds ou encore des vieilles, autant d’espèce moins connues mais délicieuses, comme le rappelle la campagne “Délit de sale gueule” lancée en 2020 par l’association des ligneurs de la Pointe de Bretagne.

Thomas travaille parfois au filet droit en hiver. Le filet trempe seulement quelques heures dans l’eau, ce qui permet à Thomas de remonter les poissons vivants à bord, de maintenir une chair d’excellente qualité, et de préserver les zones de pêche.

Thomas est très engagé auprès de ses collègues des Ligneurs de la Pointe de Bretagne, pour défendre la ressource dont dépendent les petits pêcheurs côtiers. Régulièrement, les pêcheurs locaux se mobilisent pour que les cycles de vies des espèces comme le bar soient respectées, et pour que la répartition des droits de pêche soit équitable. En décembre 2020, les petits pêcheurs du Sud-Finistère ont même organisé une manifestation devant la criée d’Audierne pour défendre la ressource :

Pour mieux comprendre les enjeux de cette mobilisation, n’hésitez pas à lire cet article de France 3 Bretagne !

Pour en apprendre plus sur la pêche de Thomas, vous pouvez lire son interview en lisant cet article de l’office de Tourisme du Finistère, dont voici un extrait :

Pourquoi avoir décidé d’être ligneur ? Quelles ont été vos motivations ?

L’indépendance, l’autonomie, le mode de pêche. Quand je suis entré au lycée professionnel maritime du Guilvinec il y a six ans, je souhaitais avoir une unité de travail, travailler seul de façon à organiser mon emploi du temps. Et puis je trouvais cette pêche écoresponsable, noble. On cible du poisson qui nécessairement cherche à se nourrir. Je pêche grâce à une ligne de traîne ou une canne. Dans certains endroits, lorsque je pêche à la canne, il est essentiel d’éteindre le moteur lors des dérives afin de pas effrayer le poisson. Il n’y a plus un bruit. On essaie de réduire au maximum le parasitage. C’est assez saisissant. Surtout en ce moment, en période de confinement, tout est très calme. Il faut être un peu copain avec soi-même, car on passe de nombreuses heures seul. On est dans une forme de contemplation. Les couleurs varient tous les jours, le temps peut changer très vite. On est aussi tout le temps vigilant aux conditions atmosphériques, à l’état de la mer bien entendu. On est toujours aux aguets. Il y a une tension. Cela demande beaucoup de concentration. C’est finalement en arrivant à terre que l’on se relâche. Il est important d’aller en mer l’esprit dégagé, d’y aller dans de bonnes conditions.”

Vous pourrez aussi en apprendre plus sur Thomas en cliquant sur ce lien ! Extraits :

La mer, c’est une histoire familiale. Mon père lorsqu’il faisait la pêche au thon, il partait dans l’océan indien durant trois mois et demi. Il a pratiqué cette pêche jusqu’au milieu des années 90, puis il a poursuivi sa carrière au commerce. Ça a forcément un impact en terme de vie familiale même s’il n’y a pas que ça… Bref… Comme beaucoup de fils de marins, j’ai été élevé par ma mère et je ne la remercierai jamais assez pour son courage au quotidien, le soin qu’elle a mis à m’offrir la meilleure éducation possible. Ma grand-mère maternelle a aussi joué un rôle considérable, je lui dois beaucoup.

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