Chalutiers géants : le massacre continue

Après quelques semaines hors des eaux françaises, les chalutiers géants font à nouveau parler d’eux, tout comme lors du premier confinement. La passivité des institutions dites “représentatives” face à ce genre de pratiques est intolérable.

D’après les données AIS de ces derniers jours, le chalutier géant ALIDA se trouve actuellement au large de Dunkerque. La présence de ce bateau de 100 mètres de long pour 15 mètres de large n’a pas tardé à inquiéter les pêcheurs des Hauts-de-France, déjà fortement impactés par les dégâts de la pêche électrique.

Comme l’explique un pêcheur Dunkerquois : “Ces bateaux ont des capacités de pêche démesurées, jusqu’à 200 tonnes de poisson par jours, alors que nous ramenons seulement quelques centaines de kilos par jour, que nous valorisons en direct à l’étal. Après la fermeture de notre coopérative et de notre Criée, voir un tel bateau travailler aussi proche de nos côtes, ça nous donne envie de vomir”

La présence de ce monstre des mers a rapidement été relayée dans la voix du Nord : “Le navire-usine néerlandais «Alida» pêche au large des côtes boulonnaises. Depuis un an, les pêcheurs boulonnais ne cessent de dénoncer la présence de navires usines dans la Manche. Ces derniers jours, c’est au tour de l’« Alida », un bateau néerlandais d’environ 100 mètres de long de pêcher dans la Manche.”

Cet incident n’a rien d’anecdotique : tous les ans, à la même période, des chalutiers géants travaillent en Manche, pillant la ressource des pêcheurs artisans. En avril, pendant le premier confinement, des bateaux similaires travaillaient dans le Golfe de Gascogne alors que 80% de la flotte était à quai. Et pour ce deuxième confinement, les pêcheurs peuvent désormais observer ce type de bateaux en Manche.

Le 25 septembre 2020, à Concarneau, lors d’un événement organisé par Pleine Mer, des pêcheurs artisans de toute la France, ainsi que des associations comme BLOOM, la Plateforme de la Petite Pêche Française, l’Association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne, l’APECS ou ATTAC, s’étaient rassemblés pour dire non au baptême d’un nouveau chalutier géant, le SCOMBRUS. La manifestation avait été interdite, alors que les représentants du CNPMEM, du FROMNORD et de l’armement néerlandais France Pélagique trinquaient à la santé de ce nouveau monstre des mers.

Pour rappel, l’industrie de la pêche néerlandaise est aujourd’hui en train de prendre le contrôle de la pêche française, en rachetant des armements afin d’avoir accès aux quotas nationaux. Compagnie des pêches de Saint Malo, compagnie du thon océanique, France Pélagique … autant d’armements qui sont en réalité sous capitaux néerlandais.

La création du “Collectif pour la fin de la pêche industrielle” suite au baptême du SCOMBRUS a pour but de mettre fin à ces pratiques, afin que les pêcheurs artisans puissent continuer à vivre de leur métier. N’hésitez pas à rejoindre le collectif, et bien sûr, pour encourager la pêche locale et la vente directe, n’hésitez pas à consulter la carte des circuits courts : https://associationpleinemer.com/cartographie-des-circuits-courts-dans-la-peche/

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