Communiqué de Presse – Les pêcheurs artisans sud-africains et français exhortent TotalEnergies à renoncer à à l’exploration et à l’exploitation pétrolière et gazière au large de l’Afrique du Sud

Communiqué de presse – Masifundise et Pleine Mer – 18 Novembre 2022

**** English version below ****

Le 5 septembre 2022, TotalEnergies a déposé une licence de production pour le bloc 11B/12B au large de la côte sud de l’Afrique du Sud. Malgré le rejet clair des petits pêcheurs, les communautés côtières continuent d’être inondées de projets d’exploration pétrolière et gazière qui menacent la santé de l’environnement marin. Le gouvernement sud-africain, par l’intermédiaire du Département des ressources minérales et de l’énergie (DMRE), a rendu les communautés de pêcheurs à petite échelle vulnérables à l’exploration pétrolière et gazière offshore.

TotalEnergies est une multinationale pétrolière française, connue pour son exploitation pétrolière et gazière, ses milliards de bénéfices et quelques gros scandales environnementaux. Comme l’explique Charles Braine, président de Pleine Mer : « En France, Total est bien connu pour une énorme marée noire causée par le naufrage du pétrolier L’ERIKA. Ce bateau a été affrété par TotalEnergies, et a coulé le 12 décembre 1999, au large de la Bretagne. Plus de 400 km de côtes ont été impactés, par des dizaines de milliers de tonnes de pétrole. Je travaillais en tant que bénévole pour accompagner les opérations de nettoyage du littoral, qui ont duré des mois et ne se sont terminées qu’à la fin de l’été 2000. Pour les habitants de la région, les artisans pêcheurs, les ostréiculteurs, c’était un vrai un sinistre. TotalEnergies a été reconnu coupable de pollution maritime et a dû verser 171 millions d’euros de dommages et intérêts aux parties civiles et 13 millions d’euros pour préjudice écologique.[1]« 

En Afrique, TotalEnergies est connu pour ses gros investissements dans l’exploitation pétrolière et gazière, et ses pratiques néocoloniales. Le delta du Niger est l’un des exemples qui illustre comment des multinationales comme TotalEnergies ont gagné des milliards tout en détruisant les moyens de subsistance des communautés locales de petits pêcheurs[2]. Le 1er février 2022, à Kampala, en Ouganda, Total et ses partenaires ont annoncé leur « décision finale d’investissement » (FID) pour les projets Tilenga et EACOP en Ouganda et en Tanzanie. Ces projets sont extrêmement controversés en raison des violations des droits humains – liées à l’expropriation de plus de 100 000 personnes – qu’ils provoquent déjà, et des risques inacceptables pour l’environnement et le climat qu’ils présentent.[3]

Les combustibles fossiles sont le principal contributeur à la crise climatique, l’utilisation et le développement du pétrole et du gaz détruisent l’environnement, menacent les moyens de subsistance des communautés locales ainsi que l’avenir de notre planète. Cette tentative de DMRE de présenter l’exploration pétrolière et gazière comme une solution à la crise énergétique de l’Afrique du Sud est profondément préoccupante. Cette dynamique de développent des énergies fossiles conduira à l’accélération du changement climatique et à la perte des moyens de subsistance des petits pêcheurs. La promotion de l’économie bleue par l’Afrique du Sud grâce à l’opération Phakisa compromet la justice climatique, la juste transition énergétique, ainsi que les moyens de subsistance et les droits des communautés de pêcheurs à petite échelle qui dépendent de l’océan et des ressources océaniques pour vivre.

 Comme l’explique Deon Warnick, petit pêcheur de Langebaan, en Afrique du Sud : « Ces projets pétroliers et gaziers détruisent nos mers. Toutes ces années, j’ai pêché, c’est mon gagne-pain. Pendant mes années d’école, j’allais directement en mer quand je rentrais de l’école. Ils vont complètement détruire nos moyens de subsistance et nos ressources marines naturelles s’ils continuent d’autoriser l’exploration pétrolière et gazière sur nos côtes. Nos enfants doivent aller à l’école, et il doit y avoir de la nourriture sur la table, je ne suis pas satisfait »

Sibongiseni Gwebani, responsable des médias et de la communication chez Masifundise, ajoute: “Les communautés de pêcheurs se sont battues pour la reconnaissance et les droits de pêche pendant des décennies pour assister à la vente de leurs ressources naturelles à des multinationales étrangères. Accorder aux communautés de pêcheurs à petite échelle des droits de pêche tout en autorisant des activités extractives telles que l’exploitation pétrolière et gazière est contre-intuitif. Ces activités menacent les moyens de subsistance des pêcheurs artisanaux et empiètent sur leurs zones de pêche traditionnelles. L’espace océanique se morcelle et se marchandise au détriment des artisans pêcheurs : le projet de TotalEnergies est une forme d’accaparement des océans.”

Les communautés de pêcheurs sud-africaines et la biodiversité marine sud-africaine seraient fortement impactées si ce projet se réalisait. De plus, cela créerait un précédent pour plus d’exploration dans les zones de haute mer : ce n’est pas seulement une lutte des petits pêcheurs sud-africains, mais une lutte pour les droits des communautés côtières dans le monde. Thibault Josse, directeur de Pleine Mer, déclare « En tant qu’organisation environnementale française défendant les droits des pêcheurs artisans, nous sommes totalement solidaires avec nos camarades de Masifundise et avec les pêcheurs artisanaux sud-africains. Que ce soit en France, au Nigeria, en Ouganda ou en Afrique du Sud, l’exploitation pétrolière et gazière est un non-sens écologique, menaçant le milieu marin et les communautés côtières qui en dépendent. Nos confrères de Bloom et The Green Connection a récemment lancé une campagne commune contre ce projet[4], et nous espérons que notre lutte commune forcera TotalEnergies à renoncer à ses activités en Afrique du Sud. Nous vous encourageons fortement à signer la pétition pour demander l’arrêt de ce dangereux projet. »

Contacts medias :

Masifundise : Sibongiseni Gwebani – +2782 382 9259 sibongiseni@masifundise.org.za

Pleine Mer : Thibault Josse – directeur – 06 29 10 47 76 – association_pleine_mer@riseup.net

**** English version ****

South African and French smalls-scale fishers urge TotalEnergies to give up on Oil and gas exploration and exploitation off the coast of South Africa

On 5 September 2022, TotalEnergies lodged a production license for Block 11B/12B off the south coast of South Africa. Despite clear rejection from small-scale fishers, coastal communities continue to be inundated with oil and gas exploration applications that threaten the health of the marine environment. The South African government through the Department of Mineral Resources and Energy (DMRE) has made small-scale fishing communities vulnerable to offshore exploration of oil and gas.  

TotalEnergies is a French multinational fossil fuel company, known for oil and gas exploitation, billions of profits, and a few big environmental scandals. As explained by Charles Braine, president of Pleine Mer: “In France Total is well known for a huge black spill caused by the sinking of the oil tanker L’ERIKA. This boat was chartered by TotalEnergies, and sunk on the 12th of December 1999, off the coast of Brittany. More than 400 km of coast were impacted, by tens of thousands of tons of petrol. I was working as a volunteer to support coastal clean-up operations, which lasted for months and only ended at the end of summer 2000. For the inhabitants of the region, the small-scale fisher people, the oyster farmers, it was a real disaster. TotalEnergies was found guilty of maritime pollution and had to pay 171 million euros in damages to the civil parties and 13 million euros for ecological damage.[1]

In Africa, TotalEnergies is known for its big investment in oil and gas exploitation, and its neo-colonial practices. The Niger delta is one of the examples illustrating how multinationals like TotalEnergies made billions while destroying the livelihoods of local small-scale fishing communities[2]. On the 1st of February 2022, in Kampala, Uganda, Total and its partners announced their « final investment decision » (FID) for the Tilenga and EACOP projects in Uganda and Tanzania. These projects are extremely controversial because of the human rights violations – linked to the expropriation of more than 100,000 people – that they are already causing, and the unacceptable risks to the environment and the climate that they present.[3]

Fossil fuels are the main contributor to the climate crisis, the use and development of oil & gas destroy the environment, threaten the livelihood of local communities as well as the well-being and future of our planet. This attempt by DMRE to present oil and gas exploration as a solution to South Africa’s energy crisis is deeply concerning. This aggressive movement towards fossil fuels and non-renewable energy will lead to the acceleration of Climate Change, and the unconscionable loss of small-scale fishers’ livelihoods. South Africa’s advancement of the blue economy through Operation Phakisa and the Oceans Economy Master Plan, undermines climate justice, the just energy transition, as well as the livelihoods and rights of small-scale fishing communities who rely on the ocean and the ocean resources for food and income.

 As explained by Deon Warnick, small-scale fisher from Langebaan, South Africa: “Oil and gas developments are destroying our seas. All my years, I’ve been catching fishing, it is my livelihood. During my school days, I used to come from school and go straight to sea. They are going to completely destroy our livelihoods and natural marine resources if they continue to allow oil and gas exploration on our coast. Our children must go to school, and there must be food on the table, I am not satisfied”

Sibongiseni Gwebani, Media and Communication officer at Masifundise, adds “Fishing communities have fought for recognition and fishing rights for decades only to witness the sale of their natural resources to foreign multinationals. Granting small-scale fishing communities fishing rights while allowing extractive activities such as oil and gas exploitation is counterintuitive. These activities threaten the livelihoods of small-scale fishers and encroach on their traditional fishing areas.  The ocean space is being carved up and commodified at the detriment of small-scale fishers: the project of TotalEnergies is a form of Ocean Grabbing.”

South African fishing communities and South african marine biodiversity would be strongly impacted if this project happens. Moreover, this would create a precedent for more exploration in deep sea areas: this is not only a struggle of south African small-scale fishers but a struggle for the rights of coastal communities in the world. As stated by Thibault Josse, director of Pleine Mer “As a French environmental organization defending the rights of small-scale fishers, we are in complete solidarity with our comrades from Masifundise and with south African small-scale fishers. Whether in France, Nigeria, Uganda or South Africa, oil and gas exploitation is an ecological nonsense, threatening the marine environment and the coastal communities who depend on it. Our colleagues from Bloom and The Green Connection recently launched a joint campaign against this project[4], and we hope our common struggle will force TotalEnergies to give up on its activities in South Africa. We strongly encourage you to sign the online petition to ask for a ban on this dangerous project.”

For media enquiries contact :

Masifundise : Sibongiseni Gwebani – +2782 382 9259  sibongiseni@masifundise.org.za

Pleine Mer : Thibault Josse – director – + 33 6 29 10 47 76 – association_pleine_mer@riseup.net 


[1] https://www.greenpeace.fr/erika-il-y-a-20-ans-total-souillait-les-cotes-bretonnes/

[2] https://basta.media/Le-delta-du-Niger-un-terrain-de-jeu-pour-les-compagnies-petrolieres-un-desastre#:~:text=Le%20sort%20du%20peuple%20Egi,zone%20humide%20riche%20en%20hydrocarbures.

[3] https://www.amisdelaterre.org/communique-presse/ouganda-et-tanzanie-total-accelere-le-developpement-de-son-projet-destructeur/

[4] https://ocean-total-destruction.bloomassociation.org/

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